Un homme des cavernes descend de la Colline parce qu’il a froid aux pieds. Il s’appelle Butor. Muni d’un gourdin pour seul bagage cet homme à l’allure bestiale – où plutôt cette bête aux allures d’un homme –  descend dans la Vallée avec pour ambition de devenir un membre de l’espère humaine… 

 

Butor : une fable satirique sur la quête de la normalité dans notre société actuelle

Butor veut être un homme moyen, c’est-à-dire un homme médiocre au sens étymologique du terme. Comment y parvenir lorsque l’on a uniquement connu la Grotte comme environnement naturel ? Dans sa quête de la normalité Butor va très vite se rendre compte des difficultés qui l’attend avant de mener une vie moyenne. Pour être plus précis : c’est plutôt le lecteur qui se rend compte des difficultés rencontrées par Butor. Ce dernier n’a en effet pas conscience de sa gaucherie. Sa naïveté fait de lui un personnage grotesque et attachant.  Sur son chemin il fera la connaissance, entre autres personnages aux noms aussi évocateurs, du Sieur Enark Rondecuir, de Yannick-Aymeric Bobeau ou encore de monsieur le juge Héparty, etc…. Il subira par ailleurs les affres de différents systèmes institutionnels qui montreront très vite leur limite : l’on pense ainsi à l‘Ecole de la Dernière Chance, L’Ecole de la Der des Ders des Ders, le Conseil Inter-Cantonnal du District de la Communauté d’Agglomération de la Haute Vallée (raccourci en CICDCAHV pour les intimes)….

Malgré les différents noms déguisés, le lecteur français contemporain reconnaîtra très vite les acteurs physiques ou institutionnels de notre société actuelle.  En rendant le lecteur spectateur du parcours laborieux de Butor, l’auteur, Vincent de Longueville, parvient à nous sensibiliser sur certaines absurdités de notre vie contemporaine, aussi bien à titre individuel (dans la quête du logement ou de l’ouverture d’un compte bancaire). qu’au niveau institutionnel.

 

Mon avis

Coup de cœur pour la plume de Vincent de Longueville ! Coup de cœur également pour la forme satirique du roman ! Même si je ne suis pas certaine d’avoir saisi toutes les références (j’admets mon ignorance dans certains domaines évoqués !) j’ai quand même beaucoup de ri tout au long du roman ! J’ai en outre relevé une certaine poésie, ou à tout le moins un style soigné et élégant dans l’écriture de Vincent de Longueville. Eu égard à cet aspect, Butor a été pour moi une belle échappée littéraire !

S’agissant du fil conducteur de l’intrigue, cette fable moderne m’a beaucoup fait penser à une précédente lecture (De la tyrannie de la norme de Todd Rose) qui fustige également la course à la normalité.

Enfin, et je terminerai pas ce conseil, si ce roman vous tente je vous conseille de ne pas dépasser plus de deux chapitres par jour. J’ai fait l’erreur de le lire comme un roman et j’ai très vite ressenti une forme d’overdose en raison du rythme effréné auquel les chapitres se succèdent. Les chapitres sont en effet courts mais très dense. Je pense qu’il est souhaitable de laisser décanter chaque information avant d’en découvrir de nouvelles sur les péripéties de Butor.

 

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Ouvrage :  « Butor » de Vincent de Longueville; 186p.
Editeur : Le Texte Vivant 
Genre : Fable
Parution : novembre 2017
Prix : 14,5€