Avant de me plonger dans le dernier roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, « Le dernier des nôtres », j’avais envie de découvrir sa plume au travers de son premier roman Fourrure. L’intrigue m’a tout de suite plu. L’histoire commence avec la mort de l’écrivaine Zita Chalitzine, dont le corps inerte est retrouvé dans une voiture à Paris, emmitouflé dans un manteau de vison en blanc. Ondine, sa fille, apprend la mort de sa mère par le biais de la presse. Celle-ci vit à Nice avec sa grand-mère. En froid toutes les deux avec Zita, les deux femmes montent néanmoins à Paris pour l’enterrement de l’illustre écrivaine.

En se rendant à l’appartement de sa mère, après l’enterrement, Ondine fait la découverte d’un manuscrit non édité. Il s’agit de l’autobiographie de Zita. Le récit s’ouvre alors sur les mémoires de cette dernière. Qui est donc Zita Chalitzine ? Au-delà de son talent d’écrivain, la société retiendra de Zita son histoire d’amour controversée avec le célèbre écrivain Romain Kiev, la générosité de son corps mis en location pour les services de luxe de Madame Claude, ainsi que son caractère impitoyable. Mais cette fille d’un bouquiniste et d’une concierge à l’appétit gargantuesque n’a pas tout révélé. « En mémoire de moi », sa dernière oeuvre, contient de nombreuses révélations que l’écrivaine aura gardé pour elle toute sa vie durant. Désireuse de gagner son indépendance après le bac, cette étudiante désargentée souhaite « devenir quelqu’un ». Mais comment faire quand on est personne ? Autour d’elle les gens portent un nom, ont une histoire, un patrimoine. Zita n’a que les livres comme héritage. Le recours à la prostitution va élever son portefeuille mais à quel prix ?

Mon avis

Fourrure est un récit qui excelle en tout point. J’ai rarement lu un roman contemporain aussi bien abouti. Conquise par la plume de l’auteure, une plume riche et prolifique, je me suis délectée des nombreuses citations que j’ai pris en note ici et là. Comme j’ai pu l’écrire sur Instagram, ce livre est un geyser de belles paroles ! S’agissant de l’intrigue, l’ancrage de l’histoire dans le Paris des années 70 n’a que fait accroître mon intérêt pour ce roman. Cette période fascinante est décrite dans un souci de vérité historique qui nous interroge sur la véracité du récit. Même s’il s’agit d’une fiction, le vrai du faux est imbriqué d’une intelligente façon. Je pense ainsi à beaucoup de personnages, certains réels, d’autres non cités mais facile à deviner, qui donnent une force de persuasion au roman. Tout au long du roman je me suis ainsi perdue – à mon grand bonheur –  entre la fiction et la réalité.

Au-delà de la construction narrative réussie, j’ai été fascinée par Zita, enfant modeste qui vit dans la cour de l’hôtel particulier de la famille de Vitré dans le cossu 7e arrondissement. Le parcours de Zita dans cette société aristocratique à laquelle elle n’appartient pas est captivant !

Pour conclure, Fourrure a été une lecture édifiante ! C’est un livre que je recommande !

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En mémoire de moi, l’oeuvre autobiographique de Zita

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Ouvrage : « Fourrure », Adélaïde de Clermont-Tonnerre. Edition Stock, Collection La Bleue, 23€.   Paru le 20 janvier 2010, 576 pages.

Distinctions littéraires : Prix Maison de la Presse 2010, Prix Françoise Sagan 2010, prix Bel-Ami, Prix du premier roman de femme.

Quatrième de couverture : « C’est en passant devant un kiosque à journaux du boulevard Pierre-Seymard, à Nice, qu’Ondine apprend le suicide de sa mère, la grande écrivaine Zita Chalitzine. On l’a retrouvée dans une voiture enveloppée dans un magnifique manteau de fourrure blanc. Zita, qui avait passé sa vie à faire scandale, ne se départ pas de sa réputation. Et juste avant de disparaître, elle faisait encore parler d’elle : elle n’aurait été qu’un prête-nom aux livres qui ont fait son succès. Ondine ne veut rien savoir de sa génitrice qui n’a été qu’une pâle imitation de ce que devrait être une mère et qui n’a jamais voulu lui dire qui était son père.
Et pourtant, en rangeant les affaires de Zita, après l’enterrement, Ondine découvre le dernier livre de sa mère, non publié, son autobiographie.

Le lecteur entre alors de plein fouet dans la vie extraordinaire de Zita, petite fille pauvre, élevée dans la loge de son énorme mère, Madame Lourdes.
Devenue la protégée de la famille propriétaire de l’immeuble dans lequel elle vit, elle découvre la haute société, la vie facile de ceux qui ont les moyens, la culture, la finesse. Après son bac, elle gagne son indépendance en devenant une des filles de Madame Claude et par la même occasion la maîtresse du grand auteur Romain Kiev. Coqueluche du tout-Paris des années 1970, elle illustre ce temps où tout était possible.

Les fêtes, les drogues, Yves Saint-Laurent, les belles voitures, on suit Zita dans un tourbillon d’avant crise. Mais aussi dans sa chute, dans sa déchéance. Lorsque l’on est monté si haut, on ne peut que redescendre très bas. »

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Fourrure, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

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