La quatrième de couverture avait tout pour me plaire : la révélation d’un lieu perpétuant la vie au sein des camps nazis, à savoir les Kinderzimmer, avait éveillée ma curiosité. Le cadre se met rapidement en place. On découvre en
même temps que Mila – Suzanne Langlois –  le camp de Ravensbrückainsi que les premiers vocables du mépris à l’égard du genre humain : Schweinerei, faul, Dummkopf, … Cet apprentissage d’un champ lexical étranger va de pair avec l’apprentissage d’une nouvelle forme de vie : celle de la survie d’une déportée dans un camp de concentration. La réalité de son état va néanmoins très vite la rattraper. Celle-ci se révélera dans les traits humains d’un nouveau-né.

Le style torrentueux de Valentine Goby va retracer les mémoires de Mila, du temps avant la déportation jusqu’à juillet 1945, lors de sa libération. Les mots s’entrechoquent, les phrases s’alignent mais ne semblent pas s’emboiter. Je reconnais avoir eu du mal avec la plume de l’auteure. Même si l’histoire est sombre j’ai ressenti peu d’émotion, comme si la description de la désolation quotidienne se confondait avec la banalité du mal au sein du camp.

S’agissant de l’intrigue, je pensais au départ qu’il s’agissait d’un livre avec un focus sur les Kinderzimmer. Ma déception a été grande à cet égard puisqu’il n’en a rien été. Kinderzimmer se lit en réalité comme  le récit autobiographique d’une femme enceinte dans un camp de concentration. De ces Kinderzimmer on en saura pas grand chose. Ce que l’on sait de ces chambres de nourrissons nous sera dévoilé à travers le regard de la protagoniste.

Sans être un coup de cœur, j’ai apprécié la lecture de Kinderzimmer. Même si je suis un peu restée sur ma faim.

resume kinderzimmer valentine goby

Kinderzimmer, Valentine Goby

Ouvrage : Kinderzimmer, Valentine Goby. Broché.

Date de parution et nombre de pages : août 2013, 224 pages

Distinctions littéraires : Jean Monnet des jeunes Européens – 2014  / Prix littéraire des lycéens et apprentis de la région Ile de France (Hauts-de-Seine) – 2015 / prix Jean d’Heurs – 2015 / Prix du roman historique coup de coeur des lecteurs du CIC Ouest – 2014 / Prix de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire – 2014 / Prix Libraires en Seine – 2014 / Prix Gabrielle d’Estrées –2014 / Prix des Libraires – 2014 / Prix SOS Libraires Littérature française – 2014 /Prix des Lecteurs du Maine Libre – 2013

Quatrième de couverture : “Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

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