Avis : La première fois que j’ai entendu parler de Joël Dicker c’était à l’occasion de la sortie du Livre des Baltimore (dont vous pouvez lire mon avis ici), lors de la rentrée littéraire 2015 (j’avoue, j’ai longtemps vécu dans une grotte). En m’intéressant à l’auteur j’ai découvert qu’il avait déjà deux romans à son actif, dont celui que je vous présente aujourd’hui, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert.

Lorsque j’ai vu ce dernier tout m’a plu : une couverture alléchante so Hopper, un titre prometteur de confidences et une quatrième de couverture qui présage une intrigue riche.

En refermant le livre j’ai eu l’impression de revenir d’un voyage lointain ; un voyage dans le temps et dans l’espace. Tout d’abord, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est un voyage dans le temps, dans l’Amérique profonde des années 70. Dans cette Amérique dépeinte par l’auteur, on retrouve les ingrédients du puritanisme américain : pudeur morale, omniprésence de la religion, etc… C’est dans cette Amérique que vit Harry Quebert, jeune professeur d’université et écrivain adulé, lorsqu’il va faire la connaissance de Nola Kellergan. Cette dernière est une jeune adolescente de 15 ans, fille d’un pasteur au passé mystérieux. Mais c’est également un court voyage dans les Etats-Unis de 2008, lorsque la course à la présidentielle bat son plein. Tout au long du roman Joël Dicker va habilement faire évoluer le récit entre ces deux périodes historiques.

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est en outre un voyage sur la côte Est des Etats-Unis. L’auteur nous dresse ainsi un tableau vraisemblable des mœurs de nos voisins outre-Atlantique et pose un décor tout droit sorti de la peinture américaine des années 30 (je pense ainsi à The Birthplace of Herbert Hoover de Grant Wood ou encore à The Midnight Ride of Paul Revere du même artiste). C’est néanmoins le tableau Portrait of Orleans d’Edward Hopper qui prenait le plus souvent vie dans ma représentation de la ville d’Aurora.

S’agissant du rythme, celle-ci est particulièrement riche en rebondissements ! Peut-être un peu trop ? J’ai en tout cas eu la désagréable sensation, notamment en fin de roman, d’avoir été un peu assommée par autant de péripéties. Cette surenchère de rebonds m’a fait espérer l’aboutissement du roman avec ardeur. La dernière page a ainsi été un véritablement soulagement !

Enfin, concernant l’intrigue, celle-ci est bien menée et chaque personnage a sa propre histoire que l’auteur va divulguer petit à petit. On est ainsi loin des descriptions superficielles que l’on trouve dans trop de romans. J’ai par ailleurs beaucoup apprécié le coaching en écriture dont bénéficie Marcus Goldman, le protaganiste.

« Vous devez préparer vos textes comme on prépare un match de boxe, Marcus (…). – Qu’est-ce que ça veut dire ? – Que lorsque vous avez une idée, au lieu d’en faire immédiatement l’une de vos illisibles nouvelles que vous publiez en première page de la revue que vous dirigiez, vous devez la garder au fond de vous pour lui permettre de mûrir. » p. 385

La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert a été une véritable plongée sous-marine au cœur de l’imagination débordante de Joël Dicker.

la verite sur l affaire harry quebert

Une couverture signée Hopper

Ouvrage : La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, par Joël Dicker. Edition de Fallois. Format poche, 9,20€

Date de parution et nombre de pages : 28 mai 2014, 855 pages.

Distinctions littéraires : Prix de la vocation Bleustein-Blanchet (2012), Grand Prix du Roman de l’Académie Française (2012), Prix Goncourt des Lycéens (2012)

Résumé : « À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias. »

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