Si l’automne est une saison propice à la lecture, certaines œuvres s’accordent tout particulièrement à la météo grise et pluvieuse de cette demi-saison. Le roman Les Hauts de Hurlevent, chef d’oeuvre de la littérature anglaise, fait partie de ces lectures qui attendent sagement que l’équinoxe du 22 septembre passe pour enfin trouver grâce aux yeux du lecteur avide d’une lecture automanle. Ce n’est ainsi pas par hasard si j’ai choisi un jour venteux et pluvieux pour enfin m’égarer dans la campagne sauvage et reculée de Wuthering Heigts

 

Les Hauts de Hurlevent : ces personnages que l’on déteste !

 

On décrit souvent les Hauts de Hurlevent comme étant un roman d’amour. Un amour dramatique certes mais une love story tout de même. En vedette de ce mélodrame amoureux on retrouve deux personnalités figurant au panthéon des personnages les plus détestables de l’histoire de la littérature : Heathcliff et Catherine Earnshaw. Sans entrer dans le détail de leur rencontre, ni de la naissance de leur amour – je vous laisse tout le loisir de le découvrir – je tiens seulement ici à décrire en quoi ils me sont apparus détestables.

Heathcliff et Catherine ont en commun d’être des personnages égocentriques, égoïstes, malicieux et repliés sur eux-mêmes,… bref, ce sont des personnes qui n’ont rien de mieux à faire que de se préoccuper que d’eux-mêmes, au détriment hélas de leur propre amour. La liste est encore longue pour énumérer tous leurs attributs négatifs mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils se sont bien trouvés !

Toutefois, si j’ai pu pardonner à Catherine son état d’amoureuse sotte et orgueilleuse, je n’ai en revanche pas pu absoudre Heathcliff de tous ses méfaits, lesquels sont animés par une rancune pleine de haine. Sur ce point les lecteurs des Hauts de Hurlvent font consensus, qu’ils aient ou non apprécié ce roman, Heathcliff est un personnage que l’on exècre volontiers. Cependant, vers la fin du récit, le personnage d’Heathcliff semble prendre un autre visage; il inspire tantôt le mépris, tantôt un sentiment plus ambiguë qui mêle la pitié et la compassion. En réalité le personnage d’Heathcliff est bien plus complexe qu’un simple clivage d’opinion « j’aime ou je n’aime pas ».

 

Mon avis sur ce classique : frisson et dégoût

J’étais impatiente de lire ce roman et j’attendais à tout prix un temps en harmonie avec l’atmosphère sombre de ce drame romantique pour l’attaquer. Le moins que l’on puisse dire c’est que n’ai pas été déçue ! Dès les premières lignes le ton est donné : les personnages sont froids et apathiques, tels des spectres errants sur la terre avec leur enveloppe charnelle. Quant au domaine des Hauts Hurlevent (la demeure de Heathcliff), le décor n’y est pas plus chaleureux. Cette partie reculée de la campagne du Yorkshire semble être aussi lugubre que ses résidents. En outre, les intempéries, qui ne font qu’assombrir ce tableau déjà maussade, sont les principaux visiteurs de ce lieu isolé.

De la première à la dernière ligne, j’ai été happée par l’histoire de cette famille maudite ! Et alors même que tout dans ce livre me repoussait, je ne pouvais me résoudre à le mettre de côté, empressée que j’étais de connaître le dénouement. Pourtant, je ne le vous cache pas, certains passages m’ont profondément ennuyée ! Ce roman a beau être qualifié de chef d’oeuvre, j’ai été insensible à la liaison amoureuse destructrice entre Heathcliff et Catherine. J’ai trouvé leur amour ni fort, ni beau.

De cette lecture, ma seule consolation viendra uniquement du talent d’Emily Brontë qui a su construire des personnages vivants et complexes, donnant ainsi au roman une certaine épaisseur. En ce sens, c’est un roman puissant qui ne peut laisser personne indifférent : en attestent les réactions, positives ou négatives, ressenties par le lecteur à l’égard des personnages. Enfin, j’ai été pétrifiée par l’atmosphère ténébreuse et oppressante de ce roman. A cet égard, je salue encore une fois le génie de l’auteure pour ce don d’avoir pu dépeindre un univers aussi porteur d’émotions.

Pour conclure, malgré le petit côté addictif de l’histoire, j’ai malgré tout été bien contente d’en être sortie ! Je n’aime pas le fantastique.

***

L’avez-vous aimé ?

les hauts de hurlevent emily bronte

Wuthering Heights, Emily Brontë

Ouvrage :  « Wuthering Heights », par Emily Brontë, 245 pages
Editeur : Wordsworth Classics
Genre : Classique – drame romantique
Parution : 1er mai 1997
Prix : 
A déguster avec : un thé English breakfast