Ce week-end a eu lieu une manifestation littéraire que j’apprécie beaucoup : le Marathon des mots. Ce dernier a lieu chaque année à Toulouse au début de l’été. Comme toujours le programme du Marathon des mots est l’occasion pour les lecteurs de découvrir des écrivains du monde entier. Cette année la 13e édition du Marathon des mots nous a fait une immersion en Amérique centrale et du sud. D’Haïti à Cuba, en passant par le Vénézuela ou le Mexique, la métropole toulousaine est devenue, l’espace de quatre jours, la capitale de la littérature latino-américaine. Nous avons ainsi eu l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les plus grandes voix de la littérature sud-américaine.

Durant ces quatre jours j’ai préféré me concentrer sur littérature cubaine. C’est une littérature que je connaissais très peu, voire pas du tout. Je connaissais bien sûr Leonardo Padura, grand romancier cubain acclamé par les plus grandes critiques littéraires internationales ; mais j’ai également découvert d’autres auteurs du paysage littéraire cubain.

Dans cet article j’ai choisi de vous présenter ces écrivains cubains contemporains qui façonnent cette littérature insulaire mouvante. Je vais ainsi vous présenter Zoé Valdès, Karla Suàrez et Leonardo Padura au travers des livres que j’ai acheté- et que j’ai bien-sûr fait dédicacer.

 

Zoé Valdès, femme de lettres et opposante cubaine en exil

 

Née à la Havane en 1959, Zoé Valdès est une femme de lettres cubaine. Le 22 janvier 1995 elle quitte sa terre natale avec son mari et sa fille pour Paris. Depuis ce jour elle est contrainte à l’exil pour « insoumission » au régime castriste. En effet, son premier roman en tant qu’exilée « le Néant quotidien » (publié en 1995 chez Actes Sud) l’a fait basculer du côté des dissidents. A la fois romancière, poétesse et scénariste, Zoé Valdès est une auteure prolifique qui a à son actif plus d’une trentaine d’ouvrages.

A l’occasion du Marathon des mots elle est venue nous présenter son dernier roman : « La Havane mon amour » paru aux éditions Arthaud à la rentrée littéraire 2016. Ce texte est une déclaration d’amour à la Havane, un hommage à la ville qui la vue naître. Ce récit est également l’occasion pour elle de ressusciter les grands noms de la littérature cubaine, tel que José Mari, auteur qu’elle admire.

 « La Havane que vous découvrirez au fil de ces pages est celle que j’ai connue, celle de mes aventures, mais aussi celles de mes lectures, de mes écrivains de prédilection et de mes fantômes, des fantômes que j’ai choisis, ou ceux qui m’ont choisie. C’est La Havane de ma mère, et en l’absence de ma mère, La Havane est devenue ma mère, une mère lointaine et à jamais regrettée. La Havane de la pénurie et du désarroi, la ville de la fête et celle des sévices. La ville des infortunes, des persécutions, des crimes passés sous silence, des vols quotidiens que l’on commet pour survivre »

J’ai par ailleurs acheté «Café nostalgia », publié pour la première fois chez Actes Sud en 1997. Ce roman nous raconte l’histoire d’une exilée cubaine à Paris, Marcela, qui se cherche. Ce récit est un texte nostalgique sur la mère-patrie de Marcela, île qu’elle ne peut retrouver pour le moment. Dans cette histoire, qui n’est pas sans rappeler la propre histoire de l’auteure, Zoé Valdès y livre ses souffrances d’exilée. Zoé Valdès ne peut en effet retourner à Cuba en raison de ses convictions politiques.

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« La Havane mon amour », publié aux Editions Arthaud le 31/08/2016, 234 pages, 19€
« Café nostalgia », publié chez Actes Sud, janvier 2000, 400 pages, 9,70€

Karla Suàrez , l’étoile montante de la littérature cubaine

Ingénieure en informatique de formation, Karla Suàrez est une romancière cubaine née en 1969 et qui est en vogue depuis le début des années 2000. Repérée lors du prestigieux festival littéraire Hay festival, Karla Suàrez a fait son entrée dans le cercle restreint des meilleurs auteurs latino-américains. Cette enfant de la Havane est ainsi traduite dans plusieurs langues. En plus d’être écrivaine, Karla Suàrez est une voyageuse. Elle a vécu à Rome, à Paris (elle parle d’ailleurs le français) et réside actuellement au Portugal.

Etant tombée sous le charme de l’écrivaine, j’ai voulu la découvrir à travers son deuxième roman, « La Voyageuse ». Au-delà de la couverture qui a tout de suite attirée mon oeil, ce roman est un récit qui retrace l’expatriation de deux amies cubaines.

« La voyageuse »paru aux éditions Métailié en septembre 2005. 360 pages, 21€

Leonardo Padura, le pape du roman noir cubain

Est-il besoin de présenter Leonardo Padura ? Cet essayiste, journaliste et auteur cubain a vu le jour dans le quartier de Mantilla à la Havane en 1955, où il réside encore. S’il est connu pour son œuvre prolifique en polar, il lui arrive parfois de délaisser ce genre pour s’attaquer à des romans politico-historiques. Il a réussi avec brio en présentant « L’homme qui aimait les chiens », paru aux éditions Métailié en 2011. A sa sortie ce roman a raflé quatre prix littéraires dont le prix Carbet de la Caraïbe. Dans ce roman, la petite histoire côtoie la grande Histoire, celle de l’URSS soviétique. En tant que cubain dissident, ce récit est l’occasion pour Leonardo Padura de dénoncer les « conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle ainsi que ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba. ».

Lors de la rencontre avec l’écrivain à Toulouse, j’ai choisi de découvrir ce romancier à travers « Les brumes du passé », un roman noir sur « la perte des illusions, l’amour des livres, de la culture, et de la poésie des boléros ».

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« Les brumes du passé »publié aux éditions Metailié, 14/05/2015, 352 pages, 12€

 

Voilà, c’est tout pour ce voyage littéraire à Cuba ! Si vous avez d’autres auteurs à me faire découvrir n’hésitez pas, je suis friande de la littérature cubaine ! A très bientôt pour un voyage en prose dans la littérature sud-américaine.

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