Titre : Love Letters to The Dead, d’Ava Dellaira

Note : 4/5  (très belle découverte mais ce n’est pas non plus un coup de coeur)

Edition: Michel Lafon

Genre : Young Adult / Jeunesse

Nombre de pages : 316

Quatrième de couverture : « Tout a commencé par une lettre. Une simple rédaction demandée par un prof : écrire à un disparu. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande sœur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Si elle ne rend jamais son devoir, très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres à Amy Winehouse, Heath Ledger… À ces confidents inattendus, elle raconte sa première année de lycée, sa famille décomposée, ses nouveaux amis, son premier amour. Mais avant d’écrire à la seule disparue qui lui tient vraiment à cœur, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s’est vraiment passé la nuit où May est décédée. ».

Avis : Le choix de la forme épistolaire donne à ce roman une originalité qui aurait pu manquer dans ce type de littérature. L’auteure réussi ainsi à nous tenir en haleine tout en maintenant à distance l’ennui qui nous guette à chaque coin de page. Malgré tout, je dois vous avouer que je me suis beaucoup ennuyée au début du roman. C’est certainement dû au style.  En effet, j’ai eu du mal avec l’écriture assez simple, plate, adoptée par la narratrice. Néanmoins, ce défaut est devenu un atout dans la seconde partie du roman, là où des thèmes plus graves sont abordés. Cette simplicité apporte ainsi une fluidité appréciable.

Sur le fond, j’ai trouvé intéressant de voir l’évolution du regard que l’on peut porter sur May, la sœur défunte. Dans la première partie, on découvre son personnage uniquement au travers du regard que sa sœur Laurel porte sur elle. Mais au fur et à mesure que l’on avance dans le récit, on devient capable de cerner May avec notre propre point de vue et non plus celui de Laurel. C’est d’ailleurs à ce moment-là que tout le récit bascule. La narratrice change de ton, Laurel parle. Elle ose parler, enfin ! On comprend alors très vite que la question n’est plus de savoir comment May est morte, mais plutôt pourquoi est-elle morte ? Les éléments de réponse sont dévoilés avec parcimonie. Le puzzle final laisse apparaître la Vérité de Laurel, une Vérité dérangeante (taboue ?) et révoltante (je n’ai pas compris Laurel, j’en ai voulu à May !). D’un roman en apparence banal, on en vient à un roman douloureux, qui ose parler avec pudeur de thèmes difficiles.

S’agissant des thèmes subsidiaires, tels que les premiers amours de Laurel, sa vie de lycéenne, ses amis, etc… ils apportent une légèreté bienvenue au récit. Ce sont pratiquement les seuls passages du roman où l’on peut souffler un instant, oublier en même temps que Laurel ses problèmes. J’ai aimé ces bribes de répit qui m’ont fait repenser avec nostalgie à mes propres années au lycée.

En refermant ce livre j’ai ressenti une grande tristesse. Même si ce roman est in fine une ode à la vie, il n’en reste pas moins un roman mélancolique. Malgré son apparence simpliste, c’est un roman très poétique, ponctué de références musicales et de poèmes.

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