De quoi se préoccupe-t-on lorsqu’on est jeune diplômé, que l’on déteste son travail, qu’on habite toujours chez ses parents et que notre vie amoureuse est une impasse ? Nos Jours de Fêtes répond à cette question à travers l’exemple de la vie d’Abigail Mitchell, un exemple parmi tant d’autres, d’une jeune femme active âgée 24 ans.     

 

Moi Abigail, jeune diplômée habitant chez mes parents

 

La vie n’est pas simple pour Abigail Mitchell, ou plutôt, sa vie actuelle ne ressemble en rien à ce qu’elle avait envisagé. Après avoir terminé ses études à l’Université de Londres, elle habite toujours chez ses parents. Cette situation qui ne devait être que provisoire – à savoir habiter chez les parents pour économiser – est finalement devenue permanente en raison de la crise économique de 2008. Autour d’elle les exemples d’émancipation ne manquent pourtant pas. C’est ainsi le cas de son amie Neela qui a traversé l’océan Atlantique pour venir à Londres pour vivre de sa passion, ou encore l’exemple de son frère aîné qui vit une vie de rêve selon les critères de la protagoniste (emploi à la City et une relation amoureuse stable). En outre, la vie professionnelle d’Abigail, tout comme sa vie amoureuse, ne sont également qu’une succession de compromissions : elle déteste son travail (mais il faut bien gagner son pain) et elle est enlisée dans une relation charnelle où les sentiments amoureux sont non réciproques (l’espoir fait vivre).

Comment Abigail Mitchell en est-elle arrivée là ? Un mauvais karma ? Un laisser-aller ? Un peu de tout cela à la fois ?

 

Mon avis

 

En découvrant Nos Jours de Fêtes je ne vous cache pas que j’étais un peu nerveuse dans la mesure où ce roman se trouve dans un champ littéraire hors de ma zone de confort. Ayant néanmoins été touchée par la quatrième de couverture, j’ai voulu en savoir plus sur l’histoire d’Abigail Mitchell.

S’agissant de l’intrigue, j’ai aimé les passages où la protagoniste se rend chez la psychiatre. Ces chapitres sont mes préférés, en ce sens qu’ils donnent une certaine épaisseur au récit. Durant ces passages, les développements sont intéressants et permettent une réflexion personnelle approfondie sur certains sujets qui nous préoccupent, quelque soit notre stade dans la vie : on y aborde ainsi l’Amour, l’acceptation de soi, les relations humaines, etc…  A l’inverse, j’ai moins apprécié certaines parties, qui à mon sens n’apportaient rien dans l’avancée du récit. Je pense ainsi à l’évènement que son frère a vécu (je ne peux pas en dire plus sans spoiler). J’ai trouvé la situation trop convenue et pour être honnête ça m’a un peu ennuyé… En outre, il est question dans la première moitié du roman d’un plan d’attaque confectionné par Abigail dans le but de reprendre sa vie en main…. Or, sauf mauvaise lecture de ma part, on n’en saura jamais rien de ce fameux plan. J’ai trouvé cela un peu frustrant dans la mesure où le chapitre qui aborde ce plan se terminait par une sorte de cliffhanger qui nous donnait envie d’en savoir plus. Je suis donc restée sur ma faim sur ce point. Enfin, s’agissant du dénouement de ses amours, je l’ai également trouvé trop prévisible.

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Pour conclure sur ce point, j’aurai ainsi aimé avoir plus de réflexions intellectuelles sur la quête personnelle d’Abigail et moins de développements factuels. Ceci étant dit, c’est peut-être là la différence entre un roman de développement personnel et un roman young adult. Ne connaissant pas les codes littéraires de la seconde catégorie peut-être ai-je placé mes attentes au mauvais endroit.

S’agissant du style, en dépit de quelques stigmates inhérents à l’auto-édition on sent un réel travail d’écriture sur les mots et la syntaxe, ce qui rend la lecture agréable. L’écriture de Mounia Bagha a ainsi quelque chose de prometteur.

Concernant les personnages, j’ai trouvé Abigail attachante, même si par parfois j’ai eu envie de la secouer. je me suis également attachée à Dewey et Mona, le couple d’amis d’Abigail. Ils ont la particularité d’être plus âges que la protagoniste (ils doivent avoir l’âge de ses parents). Les escapades chez eux donnent également une certaine profondeur au récit.

Enfin, je dois reconnaître qu’il n’est pas évident d’écrire une chronique sur un genre littéraire que l’on ne maîtrise pas du tout. Ne connaissant pas les codes, il se peut que mes déceptions développées plus haut font en réalité partie du code de la littérature new adult. Il s’agit du deuxième roman de ce genre que je lis et force est de constater qu’il y a des similitudes, tant sur la narration que sur la forme du récit.

Pour terminer, et ça sera le mot de la fin, je pense que j’aurai bien plus apprécié de voir l’histoire d’Abigail Mitchell au cinéma. Ce texte s’y prête bien à mon goût, en raison notamment des nombreux dialogues, de l’emploi du présent et du style oralisé. Mais ceci n’est qu’un avis personnel; je dois en effet reconnaître que j’ai du mal avec le langage parlé dans la littérature. Mais après quelques recherches, il semblerait que cela soit un style propre à ce type de littérature.

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« J’ai traversé mon enfance et mes années d’adolescence sans jamais me préoccuper de mon avenir car pour certaines raisons, il me parut toujours être une destination lointaine qui ne me concernait pas vraiment. Puis, quand je me mis à préparer le lycée, je me rendis compte que choisir une destination n’était plus vraiment une option ». (p. 64).

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« J’avais délibérément choisi de vivre ma vie sans vraiment me préoccuper de ce que les gens pouvaient avoir à en dire. J’avais décidé depuis bien longtemps que la personne à problèmes que j’étais serait la seule version de moi-même et de continuer à errer d’un boulot à l’autre – ainsi que d’un mec à l’autre d’ailleurs.»  (p. 112)

 

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Ouvrage :  « Nos jours de Fêtes », par Mounia Bagha, 388 pages  (titre original : Celebration)
Editeur : Auto-édition 
Genre : New Adult
Parution : 5 décembre 2017
Prix : 13,70€  en broché
A déguster avec : un Chaï Latte chez Starbucks