Traditionnellement la période de Carnaval commence à l’Epiphanie (qui est une date fixe – le 6 janvier) et s’achève le Mardi gras (date mobile qui dépend de Pâques). Cette date de fin, en principe immuable, a pour origine l’entrée en période le mercredi des Cendres. Ces conventions sont pour la plupart dictées par les exigences catholiques.

La Carnaval de Bâle est pourtant célébré en plein Carême. Pourquoi ?

Comme pour toutes les fêtes populaires, le sens et l’origine des rites se sont parfois perdus dans le temps. Trois thèses peuvent ainsi être évoquées pour justifier la célébration tardive du plus grand Carnaval de Suisse :

  • La thèse religieuse, pour fâcher les catholiques : En dépit de son apparence impie, Carnaval est une fête d’inspiration chrétienne (avec toutefois des origines païennes). Pour comprendre la signification spirituelle du Carnaval et du Carême, il faut également prendre en compte la fête de Pâques. Dans la tradition chrétienne, Pâques célèbre la Résurrection du Christ et, de façon générale, la renaissance, le renouveau. Carême est ainsi la période durant laquelle le croyant fait acte de pénitence durant quarante jours afin d’être « prêt » pour Pâques. La période qui le précède, le Carnaval, permettrait ainsi au pénitent de se défouler avant le début de son ascèse. Or, l’Eglise Réformée condamne la signification du Carême car elle considère que Dieu seul peut pardonner. Il n’y a donc pas besoin de faire pénitence. En supprimant le Carême, l’église protestante interdit également le Carnaval. Néanmoins, et en dépit de cette interdiction, les bâlois auraient délibérément conservé cette fête et l’ont décalé en plein Carême, afin de bien marquer leur différence avec les catholiques et ainsi les provoquer. Voilà pourquoi le carnaval de Bâle est célébré pendant le Carême.
  • La thèse de la tradition populaire : une autre explication serait que l’interdiction de fêter Carnaval par la Réforme aurait été mal appliquée par les gens du peuple. Or, ceux-ci étaient contraints depuis toujours de fêter Carnaval après celui de leurs maîtres, soit en période de Carême. Ainsi, malgré l’interdiction de célébrer Carnaval ils ont néanmoins conservé leur habitude de le fêter au début du Carême. C’est ainsi qu’en Suisse, dans les cantons protestants, le carnaval est célébré en période de Carême.
  • La thèse du calendrier :  On dit parfois que le Carnaval de Bâle correspond à la date originelle du Carême, soit exactement 40 jours avant Pâques. Or, si on regarde le calendrier actuelle de la liturgie catholique, le Carême commence le Mercredi des Cendres, soit 44 jours avant Pâques !  Cette date introductive au Carême (le mercredi des Cendres) a été décidé par le pape Urbain II lors du Concile de Bénévent en 1091. Dans certains pays, certaines villes, le décompte des 40 jours calendaires aurait été conservé.

 

Voilà, ce sont les principales raisons qui peuvent justifier ce Carnaval tardif. Peut-être qu’il y en a d’autres, faîtes-le moi savoir ! Si vous voulez connaître ce que qu’il faut savoir du Carnaval de Bâle je vous invite à lire mon précédent article. 

Je vous laisse avec quelques photos, prises aujourd’hui, du Carnaval des enfants

 

basel fasnacht carnaval suisse morgenstreich basel fasnacht visiter la suisse basel fasnacht visiter le carnaval de bale basel fasnacht visiter bale la suisse conseils carnaval morgenstraich   

 

 

3 Comments