Quand Tom, un franco-britannique fraîchement débarqué de Londres atterri dans la classe de Karen pour y terminer sa Terminale, cette dernière est loin d’imaginer à quel point sa vie va prendre une tournure inespérée. Elle, jeune adolescente brillante qui jusque-là ne connaissait l’amour qu’au travers de la littérature va goûter aux délices des premiers émois amoureux aux côtés de ce londonien issu de la culture mod.

Coup de foudre in la banlieue

 

Lui. Parka militaire sur le dos, cravate autour du cou, Lambretta SX 200 entre les jambes et Oasis dans les oreilles ; en voilà un qui ne passe pas inaperçu dans un lycée moyen de banlieue de France.

Elle. Passionnée de littérature, élevée par une mère célibataire dépressive qui ne vit que dans les livres ; c’est l’éternelle bonne élève qui a mûri trop vite dans un environnement populaire de banlieue.

Tel un ovni débarqué d’on ne sait où, Tom attire à lui tous les regards intrigués et envieux du lycée de banlieue de Karen. Quant à cette dernière, déjà en décalage avec les habitudes juvéniles de ses camarades, elle va également succomber au charme de ce franco-londonien au style so british.

Choc des cultures, choc de classe sociale, tout semble s’opposer à leur union. Tellement différent et pourtant si proche de par leur maturité et leurs goûts musicaux, une relation inéluctable va débuter entre les deux jeunes protagonistes.

Amours heureuses ou amours perdues ?

Loin des premières histoires d’amours classiques, l’histoire de Karen et Tom dénote une maturité et un pessimisme ambiant porté par les références littéraires et sociales de Karen. Que peut-on espérer d’une fille qui a pour référence des modèles austère et désenchanté de l’amour. De la Princesse de Clèves aux histoires contemporaines désillusionnées de son entourage – à commencer par celle de sa mère – le mot espoir semble s’être effacé du vocabulaire de notre héroïne.

C’est ainsi avec beaucoup de lucidité que Karen voit arriver (provoque ?) la fin de leur histoire avant que celle-ci ne s’essouffle.

On dit souvent que les histoires d’amour les plus heureuses sont les plus courtes… si l’on suppose que leur histoire n’a pas de suite, alors oui l’on peut dire que leur histoire fut heureuse.

Avis perso

Beaucoup de pages cornées, beaucoup de citations annotées, beaucoup de réjouissance pour la plume de l’auteur qui a su me séduire. Malgré tout cet enthousiasme ainsi que plusieurs point communs avec la protagoniste (on apprécie toutes les deux La Princesse de Clèves), je n’ai malheureusement pas accroché à l’histoire et je me suis encore moins attachée aux personnages… Je dresse ainsi un bilan mitigé pour ce livre que j’aurai très certainement apprécié de lire plus jeune.

Je le recommande ainsi sans modération aux adolescents qui y trouveront de belles références littéraires et musicales ainsi qu’une piste de réflexion à méditer avant de commencer le grand jeu de l’Amour et de la Séduction.

 

Quelques citations

 

 « Ma vie s’était construite au fil des lignes. Je savais où me retirer quand les grands vents de la vie emportaient tout sur leur passage. Il me suffisait d’ouvrir un livre et de me laisser glisser à l’intérieur » (p. 85).

La première fois que j’ai été deux

Ouvrage :  « La première fois que j’ai été deux », de Bertrand Jullien-Nogarède. 285 pages.
Editeur : Flammarion Jeunesse
Genre : Littérature jeunesse
Parution : 6 juin 2018
Prix : 14€